Poitiers, SciencesPo / Séance n°1

ReadyMade global et critique de la médiatisation à outrance dans un monde en pleine explosion

L’idée de ces ateliers est de proposer parallèlement aux étudiants de lettres et à ceux de Sciences-Po à , une série de huit ateliers d’écriture sur la société, le monde qui nous entoure, dans une interrogation de la langue. Notre société nous impose la blessure et le manque ; notre monde y répond par la nécessité d’un dire qui ne se contente pas de témoigner : à la croisée des sens on y entend battre — dans tous les sens du terme (donner des coups pour la vie, frapper pour la mort) — un cœur.

Enjeux, prolongements : voir sur Marelle : Zone d’Activités Poétiques sur la société, le monde qui nous entoure, dans une interrogation de la langue ?.

 

 

Confronter le jargon économico-administratif aux "brèves de comptoir" dont on est tous témoin tous les jours, détourner les tics et les codes du langage juridique, tordre le cou à la "langue de bois" politique, aux messages publicitaires, au formatage des nouvelles du 20 heures, et à la mondialisation qu’on nous propose en kit. Composer à partir de ce matériau hétéroclite une sorte de ReadyMade global.

Jean-Charles Masséra, United Emmerdements Of New Order, précédé de United Problems Of coût de la main-d’oeuvre, P.O.L.

Quelques fragments de commentaires en direct sont sélectionnés (à la télé, à la radio), des bribes d’information (dans la presse), diverses sources médiatiques sous lesquelles se trouve noyé aujourd’hui notre quotidien, progressivement modifiés, interpénétrés, échangés, mixés. Dans cet incongru mixage, les phrases prennent alors la tournure d’effrayantes ritournelles. L’ensemble produit une langue morcelée, déroutante, qui s’érige sur et par le chaos, en une critique de la médiatisation à outrance dans un monde en pleine explosion.

Patrick Bouvet, Chaos Boy, éditions de l’Olivier, 2004

 

Participants : Stefan Pinheiro, Augustin Deney, Lucile Tien, Nathalie Chauvière, Mélanie Arrès, Manon Dussaud, André Nalpas, Aiko Cortés, Flavio Marques Gomes, Sophie Ranger...

 

Allons-nous en


Allons progéniture, vaste descendance, d’une figure maternelle, possiblement celle d’un peuple uni sous un même drapeau, aux mêmes valeurs, histoire et mœurs dans un territoire délimité par des frontière (en l’occurrence en forme d’hexagone). Les 86400 secondes, ou bien, 1440 minutes ou encore, les 24h, de prestige, splendeur, ont atteint leur destination.

Percevez-vous le son, ou serait-ce un bruit, dans les régions périphériques destinées notamment à la culture agricole, propager une sonorité ressemblante au cri d’un animal enragé, avant la belle découverte de Pasteur, les militaires, chargés par l’État de maintenir l’ordre dans le territoire, qui s’approchent dans la direction des nos deux membres symétriques et latéraux se situant entre le cou et les côtes. Couper la gorge, région fondamentale du fait de son importance en tant que intermédiaire pour la respiration et les multiples veines qui la traversent par conséquent faisant de celle-ci une partie essentielle au fonctionnement du corps humain, des êtres avec qui nous faisons le vœu de passer une vie à deux en harmonie, ou bien ceux qui sortent de ceux-ci après un séjour dans l’agréable placenta.

Aux outils destructeurs chargés de munition capable de perforer les tissus humains, fils de cette société de par votre adhérence à ses principes ainsi que votre utilisation de ses services.

Organisez de forme rigoureuse et ordonnée vos formations militaires réunissant des individus pour attaquer avec plus de stratégie un ennemi x.

Propulsez vos membres, responsables de votre équilibre sur deux pieds, de façon alternée, dans un mouvement systématique proportionnant ainsi un déplacement vers l’avant dans l’espace.

Propulsez vos membres, responsables de votre équilibre sur deux pieds, de façon alternée, dans un mouvement systématique proportionnant ainsi un déplacement vers l’avant dans l’espace.

 

Le mot juste


On aurait découvert que manger des tomates réduirait le risque d’attraper un cancer.

Sauces tomates, ketchup, tomates grillées, jus de tomate, tomate à la croque au sel, tomates génétiquement modifiés de la taille d’une citrouille

(mais non, ce ne sont pas des citrouilles)

L’élixir de l’immortalité, la porte donnant sur l’extase d’une vie sans fin, le médicament miraculeux aurait un nom.

T O M A T E.

« I say tom-a-to you say tom-ah-to » mais en fin de compte, tout le monde se ruerait comme un troupeau, lyncher les pauvres agricoles qui barrent le chemin vers ce paradis

misérables égoïstes, nous voulons vivre !

Tout ça pour se gaver de ce fruit, rouge comme le fruit interdit, faire des piscines de son jus, des meubles de ses noyaux.

As-tu vu mon nouvel achat ?

Un... Picasso dans sa phase rouge ?

Eh non... Un tableau fait de peaux de tomates

Oh mon dieu !

Dans les journaux d’aujourd’hui, les scientistes se seraient plantés (comme des tomates), l’huile d’olive réduirait le risque d’attraper le cancer, sida ET la grippe !

Oh, pauvres olives !...

 

OPA inamicale


Le patron multimilliardaire s’apprête à s’abattre sur son frêle concurrent, jeune, naissant, innocent, scintillant de sa blancheur innocente devant l’immense monstre qui se dresse pour l’avaler.

« Mais pourquoi fais-tu cela ! s’exclame effrayé le jeune patron déboussolé, qui a peur et qui tremble. Quel est le coût d’opportunité et l’intérêt que tu vas retirer de ce que tu t’apprêtes à faire. Pourquoi me lances-tu une OPA inamicale alors que je ne peux te nuire ? »

« Ce que je veux, lui répondit l’autre très diplomate, c’est pouvoir t’aider dans ton développement en te mettant sous ma protection et veiller à ce que tu rapportes beaucoup, sous mon contrôle, cela ne changera rien pour toi., et pourra m’apporter quelque plaisir. »

« Mais tu veux m’engloutir, m’absorber, me dévorer alors que je ne suis qu’un nouvel entrant sur le marché. Tu dois accepter que les règles de la libre concurrence en CPP s’appliquent et renoncer à ta rente de monopole. »

« au diable ces règles qui me privent de ma liberté de chasseur qui me plombe mon esprit créateur et me couvre de taxes à n’en plus finir. Toi et moi nous devons pactiser, de gré ou de force. Je suis le plus gros, et j’impose ma loi, tant que je suis là, nul ne pourra me concurrencer sur mes terres »

« Mais, en vertu de l’article 1134 du Code Civil, il est obligatoire que les deux parties s’engagent librement dans un contrat car celui-ci a valeur obligatoire pour les contractants, il a valeur de loi. »

« La loi du plus fort est toujours la meilleure, je t’emporterai là où bon me semblera, et si tu me résistes encore,, je devrais t’achever que cela te plaise ou non. »

« Toutes nos lois énoncent que chacun est libre, pour que la loi du u plus fort ne devienne pas une coutûme, méfie-toi, tu risques de te retrouver assigner devant le tribunal pénal. »

« Que m’importe cela, je vais fuir loin d’ici, tout cela ne m’atteint pas, je suis plus fort que toi, et je vais maintenant en finir. »

Alors au fond du bois, le loup attira l’agneau, et le mangeât.

 

Un seul homme ?


Je suis ici par la volonté d’un seul homme

Un seul homme ? Président ? En prison pour un temps

Rivalité politique, scandale, affrontement

Nous en sommes ici par les erreurs d’un seul homme

Un seul homme ? Entraîner ! La France en perdition

Domenech démission ! Domenech démission

J’ai failli mourir par la folie d’un seul homme !

Un seul homme ? Étudiant ! Résultats défaillant

Cambriolage, essence, puis légitime défense

Je suis là, suspendu, par la faute d’un seul homme !

Un seul homme ? Un arbitre ! Penalty, Fucking Disgrace

Barcelone, une victoire, peut-être un mauvais geste

Je suis là, et j’entends, tous ces hommes, différents

Qui accourent et qui crient pour ou contre leurs semblants

Mais pour moi, rien de ça. Un seul homme ? Non, juste Elle !

 

L’enlèvement d’une jeune fille


Hier dans l’après-midi, le malfrat accusé de l’enlèvement d’une jeune fille a été intercepté en Suisse alors qu’il tentait d’écouler des biens dérobés aux relatifs de son otage. La pantoufle qui a été trouvée dans sa veste a été estimée à une valeur de 1200 carats, et appartenait manifestement à la marraine de demoiselle, qui pourtant prétendait effrontément que « elle lui en avait fait don ». La seconde pièce reste introuvable, la jeune mythomane maintenant fermement l’avoir égarée, malgré la persévérance des autorités publiques l’ayant soumise de longues heures à la Question. Le kidnappeur a également plaidé non-coupable, affirmant que sa compagne de fugue était parfaitement consentante, et allant même jusqu’à prétendre un certain harcèlement de la part de celle-ci. « Elle me persécutait, m’envoyait à toute heure de la nuit des sms enflammés me suppliant de la délivrer de l’oppression familiale », a-t-il confié aux autorités. Le fin mot de cette affaire devra se faire attendre car la jurisprudence doit être rendue dans le courant du mois prochain, échéance jusque laquelle les fugueurs sont maintenus en garde à vue. Espérons que d’ici-là, les responsables de leur surveillance n’auront pas sombré dans une dépression nerveuse, due aux exercices vocaux auxquels la jeune détenue s’adonne dans sa cellule plus de huit heures par jour.

 

Un soir, trois immigrés, un charter


Un soir, trois immigrés, un charter, une direction initiale et une destination finale.

Un crime sous le regard blafard et inquisiteur de l’acte nocturne. Inquisiteur mais impassible, presque insensible, parce qu’ici, c’est comme ça.

Trois morceaux de vie, trois germes d’existence, un bout de tôle encadré de réacteurs, un bout de tôle héliophile parti direction l’Est saluer le soleil à son réveil.

Car le bordel, c’est bien connu, c’est toujours mieux quand c’est ailleurs.

A l’Ouest, bilan immaculé : parcelle territoriale débarrassée, désinfectée, aseptisée, soulagée de présences dont on tolère l’existence, oui, mais plus loin…là-bas.

Vingt briques, cent quarante-quatre heures de logement : le prix de notre conscience, le lavage de nos mains, elles, maculées.

Vous n’avez besoin de rien d’autre on pense, non ! On est sûrs, oui, vous n’avez besoin de rien d’autre, Merci, Au revoir, Adieu plutôt ! Et passez-leur le bonjour…là-bas. De la part du pays des Droits de l’Homme.

 

Sept avocats aux esprits saints et nobles


Sept avocats aux esprits saints et nobles se sont retrouvés cette nuit dans un lieu complètement isolé, loin de la société, des usines, de la pollution, du vacarme, dépourvus de toute connaissance de cause ; la cours pénale. Leur mère la Justice était partie une semaine en vacance sous le soleil et tout ce qui s’en suit, avec sa maîtresse, la Liberté, après s’être pacsée et avoir optée pour le lesbianisme. S’étant rendu compte que son ex-mari l’Education nationale l’avait laissée seule avec ses problèmes d’injustices scolaires, prônant pour une femme plus intéressante et plus imposante avec ses courbes de haut en bas et de bas en haut, la loi fiscale. Ainsi nos chers amis les avocats abandonnés, décidèrent de s’occuper de la cour pénale. Ils discutèrent sur les fluctuations des crimes, des fluctuations de la bourse, débats des institutions nationales. Enfin ils s’amusaient comme des petits fous. La justice n’était pas la pendant toute une semaine autant en profiter pour faire des bêtises (mais d’accroissement faible et sans fautes graves).Ils avaient comme droit d’obligation de n’ouvrir la porte internationale à personne. L’ennemie jurée de la Justice ne rodait pas très loin, et ayant une ouïe très fine avait su que la Justice serait absente pour suivre en détail les dossiers de ces petits protégés. Elle en profita donc pour s’immiscer. Ce ne fût pas très difficile pour cette charmante demoiselle, avec plus d’un tour dans sa poche et connaissant toutes les manières possibles et inimaginables de conquérir le cœur des hommes. En plus la crise économique tombait très bien pour l’aider dans cette affaire. La triste nouvelle arriva en jet set jusqu’aux oreilles de la Justice qui dû prendre son hélicoptère privée pour rentrer d’urgence voir les dégâts causées par celle-là. Les sept avocats aux esprits saints et nobles furent mangés par la Grande et Imprenable Corruption. Quelle ne fût pas la colère de notre chère Justice lorsqu’elle vu la Corruption envahir sa maison. Elle ne savait pas qu’en plus elle ramenait avec elle un charmant souvenir de son voyage, de la cocaïne. Elle fût accusée de délit délictuelle, la force armée et la police la prirent en otage pour avoir été en collaboration avec la mafia. C’est ainsi que la Justice se retrouva en hôpital psychiatrique et en prison pour avoir été accusé de responsabilité civile, d’homicide involontaire, d’action non préméditée pour avoir tenter d’assassiner la corruption et d’avoir ramener des substances illicites et le tout agrémenté de complicité meurtrière.

 

Vive l’égalité


Le prix Nobel de la paix a été décerné au président des États-Unis, Monsieur Barack Obama.

Pendant ce temps, tous les photographes accourent pour appuyer la candidature d’Evo Morales aux prochaines élections.

C’est alors que dans une petite ville, deux innocents sont accusés.

Elle est belle la France d’aujourd’hui !

Vive l’égalité, la liberté, la fraternité !

Deux innocents accusés alors qu’en Suisse, les Etats-Unis arrêtent le réalisateur Polanski, accusé de pédophilie.

Tandis que la radio nous annonce le concert d’Indochine ou encore, les nouveaux Cds prochainement dans les banques.

Ma foi, c’est la Maf que je préfère c’est la Maf !

Pendant que d’autres discutent sur les problèmes des étudiantes qui se prostituent pour payer leur logement. Mais quel BORDEL !!!

 

Conte


Il était une fois un petit commerce de proximité qui, représentant jadis une importante structure socio-économique, se trouvait à cette époque perdu dans la grande forêt qu’était le pays de France. Le petit commerce, également appelé PME, devait traverser cette forêt afin d’apporter à ses travailleurs de quoi manger, c’est à dire afin de réaliser son retour sur investissement et de distribuer les salaires à ses employés. Les charges sociales pesant toujours plus sur les salaires, le chemin de PME était truffé de pièges et d’obstacles. L’un d’entre eux, le plus méchant et malveillant qui soit, c’est-à-dire la grande consommation accompagnée de tous ses hypermarchés aux marges faramineuses et aux chiffres d’affaire menaçants, rodait dans la forêt. PME en avait peur, il craignait que ses tentacules capitalistes ne s’attaquent à lui, le réduisant à l’état d’une miette, ce qu’il était déjà par ailleurs. Ingénu et candide PME ne voyait pas toujours le danger de la mondialisation financière s’approcher de lui, malgré les conseils de sa famille et les mouvements sociaux divers qui dénonçaient cette réalité cruelle, symbole de la perte de morale et d’éthique d’une société en crise.

 

Actualités


Un nouveau suicide, un suicide de plus, nouveau drame chez France Télécom. Un homme de 48 ans s’est défenestré, sans doute suite à l’apologie du tourisme sexuel à laquelle se serait livré, en tout cas selon Mme Le Pen, M. Mitterrand. Cette polémique a au moins occupé les esprits d’une partie des citoyens, permettant ainsi l’élection de M. Douillet, judoka renommé. Avec ses larges épaules, il a du faire peur aux deux afghans qui, en le voyant, sont retournés dans leur pays. Et des manifestations, des protestations des agriculteurs, suite à la candidature de Jean Sarkozy à la direction de la Défense peut être ? Des agriculteurs en colère à qui le grand cœur du nouveau prix Nobel de la paix, M. Obama, aurait répondu : « mais pourquoi tant de haine ? »

 

Tour d’ivoire


Enfermé haut dans sa tour d’ivoire, l’économiste observe, réfléchit, analyse. Sentence sans appel.

Le marché est en crise. Surproduction critique, croissance ralentie, bourse en chute. Or, sans équilibre microéconomique, le royaume ne peut espérer la prospérité macroéconomique. L’offre ne rencontre désespérément pas la demande et reste seule, endormie, dans son donjon. « Aucune déclaration ».

Les instances parentales prennent la situation en main. Politiques monétaires, dynamisation de l’emploi, stimulation des activités spéculatives…mais la relance se fait attendre. Dégradation du climat social. « Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat ».

C’est alors que, sur son noble destrier, arrive la demande, venue empêcher le royaume de sombrer dans la récession. Prenant son courage à deux mains, elle procède à une restructuration du tissu industriel et promet une augmentation du pouvoir d’achat. Bravant la tempête, le pessimisme des agents, les précipices et la frilosité des banques à accorder des crédits, elle redresse la situation économique et atteint le sommet du cours de la Bourse. « Le pire est derrière nous ».

La demande rencontre l’offre, permettant une situation de plein emploi et une stabilisation de l’inflation. Entrée dans un cycle de croissance qui vécu heureuse et eut beaucoup d’enfants.

 

Leader Price


Arrestation du célèbre cinéaste Roman Polanski en Suisse. Arrestation peu célébrée par les artistes. Mais toujours pas d’arrestation des preneurs d’otage somaliens. Sans lien avec une récente prise d’otage à Leader Price. A propos de prix, Obama en a reçu un, Nobel et de la paix. Comme si on pouvait acheter la paix, avec sa richesse. Alors que la France pourrait enrichir l’uranium iranien, pour des raisons de maintien de la paix.

 

Le trader


Un beau matin, la petite banque d’affaires rouge quitta les sentiers de la sécurité financière. Sûre d’elle même et de sa capacité d’adaptation, elle emporta un équipement sommaire. Une capuche de couleur vermeille pour se protéger des fluctuations du marché et un panier de stock options qu’elle voulait offrir à toutes les grandes mères cotisant pour un fond de pension. Errant dans les méandres de la forêt du profit, elle rencontra au détour d’un chêne télévisé un animal féroce, aux canines saillantes et à l’instinct le plus bas : le trader. Loup de son vrai nom, il rassura la petite banque d’affaires, il ne lui voulait aucun mal, seulement quelques actions dont son panier débordait. Il expliqua qu’après un licenciement doré il n’avait pas pu décrocher et la faim de maximiser son appétit le taraudait encore. Comme la petite banque rouge ne pouvait pas lui offrir, tous ses aliments (elle avait des principes tout de même), elle lui indiqua l’adresse du fond de pension où elle se rendait pour conclure un marché de fusion acquisition avec les grandes mères de la région. Lorsque la petite réserve d’argent innocente s’en alla le trader loup se lécha le portefeuille et pensa avec délice au prochain parachute doré qu’il obtiendrait. Plus habile, plus rapide il courut à travers le chemin des gains immoraux pour rejoindre avant la petite rouge les fonds de pensions grand’mother and company.

Chers lecteurs, l’histoire s’arrête là. Vous connaissez tous la fin tragique qui s’ensuivit. Loup le trader profita de l’innocence des grandes mères pour sucer jusqu’au dernier euro de leur patrimoine et le jouer en bourse. Les quadragénaires, en faillite se déclarèrent insolvables et tous les adhérents partirent pour des maisons de retraite de seconde zone. Quand la petite banque d’affaires rouge, elle ne fut pas plus chanceuse elle fut jugée coupable de fraude et de délits d’initiés et écopa de 154 ans de prison ferme pour complicité avec le loup trader et la faillite de grand’mother and company. Certains racontent que pour sa bonne conduite elle fut nationalisée et rééduquée avant l’heure.

 

Oyé Oyé !


En l’an de grâce 2009, du ciel scandinave descendit une récompense suave, plutôt gaie offerte a nom d’Alfred, l’homme dynamite pour Barack Obama, garant et mythe de la paix universelle. En scelle pour sa nouvelle nomination, le seigneur de Neuilly, Jean Sarkozy contemple l’Epad tel Saint Louis devant Jérusalem. L’EPAD ? Pas de justice pour les seigneurs, dans une baraque auvergnate messire Hortefeux se moquent des semaines, l’assemblée rigole du feu de Dieu. Hortefeux, hors de lui, ne comprend pas tant d’accablement ? Sincèrement, honnêtement France Telecom a plus de soucis. Il paraît même qu’on occit les employés. Certains sont partis, en volant, il ne leur restait plus que ça, les pauvres tous meurtris.

 

Le Panthéon


Voici un bœuf, énergumène quadrupède, cornu et donc infidèle, castré ad aeternam. Voici la grenouille, agile, possibilité de faire le cent mètres avec des bonds assortis à son élasticité et ses couleurs camaïeu. Voici l’air, nutriment glorifiant fait de : discours issus de la Chambre, du Sénat, de la télévision mercredi dernier, cette même année, à 20h précises. Paroles promises, paroles jetées comme on lance une boutade avec négligence et désaffection. En l’air rien ne reste, tout est garanti 100% éphémère. Les péripatéticiens peuvent donc s’offrir à loisir à l’activité de promulguer des propos racistes tenus par les hautes autorités dans un environnement parfaitement démocratique, universel, laïque, rationnel, héliocentrique. La grenouille admire la grandeur, la prestance, le nez relevé et la voix ayant une portée d’un rayon de cent mètres périphériques. Elle décide par conséquent de s’imprégner des discours télévisés prononcés dans le cadre commémoratif de l’effort de mémoire contre le négationnisme, d’un fond explosif d’atomes de fungus pourtant non hallucinogènes, d’avions au-dessus d’un centre boursier, à travers des sièges commerciaux. Les mêmes images des années 1930 puis améliorées avec un boost de pigments chromatiques pixelés à bon escient, 300 milli mol, pas une de plus, reflétant ces jeunes animalesques dénutris jusqu’à provoquer l’envie dans une autre chaine où est sentencié le crédo de la beauté squelettique. Mais la liste est longue, et ce faisant, la grenouille fait glisser avec violence et force tous ces mots pour produire un éclectisme syncrétique, amalgame savamment assimilé pour construire un échafaud de termes préalablement triturés, épurés jusqu’à leurs paroxysmes puis remplis eux aussi de deux hydrogènes liés à un oxygène. Le plaisir de la gourmandise, d’avoir un goût sans arômes ni conservateurs mais des EC1155 ou des EEE237, des releveurs de goût – tout est prêt. Finalement, pas même besoin de sentir qu’ils vous emmènent au septième ciel, sous un cocotier de la croisière des caraïbes. Et la grenouille commence déjà à gonfler. Mettez-lui des approximations culturelles, des superbes maximes gouvernementales et voyez-la gagner la légion d’honneur et le prix Nobel, regardez sa peau gagner en stries. La concurrence est loin derrière, un progrès de 5% à la minute fait d’elle un ballon pour voyager en 80 jours accélérés, fibre optique, ADSL, et la voilà éclater dans le bonheur du vide. Des confettis au-dessus de la ville lumière et le sourire béat du bœuf bientôt steak-frites. Quel dommage, elle aurait intégré le Panthéon.

 

Cette clef


Cette clef. Cette clef est libre du moment où elle est séparée de son anneau. Libre de partir, notamment sans son ruban. Un équivalent ou une transformation ou le devenir ou l’être des ailes pour partir. Plus loin.

Ouverture d’une porte ouverte d’elle-même. Sur une chambre totalement défénestrée. Porte ouverte, porte disparue. Porte plus rien. Moyen métaphysique pour ouverture vers un nouveau monde possible. Porte ouverte, porte morte. Entrée dans la chambre. Qui entre ? Qui peut être ? Chambre fermée. Par qui ? Qui ouvrira la porte ? Porte chemin vers une autre dimension. Pas de grand-mère pour ouvrir la porte. Pas de tante pour l’ouvrir. Pas de sœur pour ouvrir ça. Pas de père pour ouvrir. Et alors…qui ?

Clef partie. Changement d’identité. Toute seule dans la serrure. D’abord, perdue dans le vide. Quoi dans le vide ? Quoi ici ? Ici ? Où ? Par là ? Par là-bas ? À gauche. À droite. Sur la ligne. À 45º ? À 90º ? Encore plus loin ? Spirale hypnotique. Encore plus loin. Possiblement à travers le papier. Atterrissage dans l’une des dix dimensions appréhendées possiblement par le cerveau humain. Clef perdue ? Voyage à poursuivre ? En train ? Train supersonique sans fin sans bout sans extrémités. Rail sans but sans faim, sans continuité. Sans percée spatiale. Distance abolie sans repères. Propulsion avec une force initiale F0. Atterrissage variable selon l’inconnue F. Force zéro. Intensité pour une distance toujours plus loin ? Pourquoi ?

Et cette clef ? Petite mais potentielle. Inconnue soit méconnue. Sans cette clef, pas de portail. Ni ouverture. Donc fermeture pour absence de travaux.

Surgissement de la clef. La clef. Providence. Clé magnifique, magnanime, mégalomane. Absurde dans sa puissance. Folle dans son pouvoir. Désirée depuis toujours par le facteur. Comment une clef (moyen) partir, voyager (action) seule (moyen). Traîne, pénible, traîne tout le poids de son orgueil bleu, pour ne pas dire royal. Il ne reste plus de chevaux pour transport express. Congé de paternité.

Seule, dépourvue de moyens fidèles pour devenir la première. Pourtant, nécessaire pour un autre accessible. Quel autre ? Quel objet caché derrière murs et portes ? Au-dessus de quel escalier ?

« Nous sommes au deuxième étage » (chapeau rouge, boutons dorés, jeune discipline). Droit. Tour. Droit. Boucle. Droit. Virement. Droit. Chute courte. Droit. Brisé. Droit. Sec. Toujours tout droit. Bonds. Droits. Incongru d’un fil tordu et vomissant sa moisissure. Distance du trajet. Après maintes traversées, barrières, crottes de chien, eaux sales et caniveaux. Bâtiments disproportionnés. Aversion. Un peu hostiles. Enfin. Deux clefs séparées, perdues. Perte de toute connexion. Pas même de téléphone. Pas de carte de visite. Puis fin de la fin finale. Fin de : domination rapport maître-esclave plus fin du sens, fin du lien de causalité, fin de « je suis le maître, donc tu es l’esclave », fin de l’identité. Enfin ! Être et ne plus être.

La dernière clef ? Une dernière. La moins mobile. La moins touchée. Jusqu’à ce que : perte d’intimité, perte de pudeur, perte de moralité. Indifférence totale. Clef au-dessus du casier. Du coffre secret. Seule. Avec une identité immuable, jusqu’à l’effacement total-progressif…de l’étiquette. Nom : 109. 109. Bâtiment des années 1929. 1 et 9. 9 et 2. 9 et 2 font 11. 1 et 1 font 2. 1 2 9. Prendre le 2, le catapulter au loin ! Identité rétablie. Origine comprise. Bâtiment ferreux ou quelques fois métallique. Luminosité du reflet du néon au-dessus de la feuille. Scintille, précieuse. À elle seule, possession d’un passé. Abolition quand oubli temporel de sa position pour instrumentalisation programmée et service à des fins plus utiles, toujours plus utiles. Plus. Toujours. Plus, plus utile, plus. Plus eût-il. Pluie sur tuile. Là. Feuille contaminée par le goudron transformé en mazout puis devenu gracieuse encre, tâches répandues sur le papier.

 

Ô travail !


Ô travail ! Ô dur labeur !

Sous les ailes du temps, tu n’es que douleur !

Fatigue, torture, tristesse des heures,

Ô travail, ô dur labeur !

Prisonniers, lacérés, devant leurs machines,

Nombreux sont les frissons qui parcourent leur échine

Au bord du vide, contemplant l’horizon

Conscience infortune, volonté de passion !

Ô travail, ô dur labeur !

Tu emportes avec toi plus d’un salarié

Remords oppressants, image funeste

Tu deviens aujourd’hui un monstre céleste

 

Stigmates


Oui, et ce fut une rencontre exceptionnelle. Voilà quelqu’un avec qui je vais pouvoir boire jusqu’à une heure avancée de la nuit. Stigmates. Confrontés à des dangers communs pendant cet hiver d’épreuves, rappelons-nous ces paroles intemporelles : « Le marché de l’art est quasi inexistant ».

C’est une déception. Reste un regret, celui de ne pas avoir pû commencer la construction. Il y a toujours un aspect philosophique dans n’importe quelle recherche. Nous allons construire les routes, les ponts et les liaisons numériques dont notre secteur marchand a besoin. Entre l’Histoire avec un grand H et l’anecdote. Un mur à Berlin.

Sa voix basse et son ton lancinant passent parfois pour de la nonchalance. Il ne se livre jamais. « Le business est de retour » lance-t-il dans un anglais à très fort accent cantonais. J’aurais voulu faire plus, nous sommes tellement seuls. Il refuse l’auto flagellation. Mais tout le monde sait que le football se joue à onze contre onze, les supporters ne sont jamais descendus sur le terrain pour aider leur équipe. La communauté internationale pousse ardemment en ce sens. On ne peut pas raconter la fin sans raconter le début. Sa réélection controversée. Pin Han ne sait plus où donner de la tête. On verse des granules de mélamine et ressortent des bols et des assiettes. M.Obama a averti qu’il jugera sur les actes. Un technicien l’appelle pour une signature, un ouvrier lui présente les maquettes du design qui enveloppera les ordinateurs Hewlett Packard, des boîtes de poupées Barbie ou des pochettes plastifiées pour des voitures miniatures de collection. Je lance un appel à l’Amérique.

Ce sont des hommes, des femmes, des souffrances, des émotions. Il y eut ensuite la mobilisation et la guerre. Finalement, l’éditeur de presse en ligne devra « permettre à toute personne de signaler la présence de contenus illicites ». Stigmates. Il ne se livre jamais. Entre l’histoire avec un grand H et l’anecdote. Le voilà prêt à racheter certains actifs de banques nationalisées britanniques. Gratuit jusqu’à 1Mo. Comme on le fait pour les photos. Que du papier !

Lorsqu’on est pas d’accord, on fait un choix ; Soit on se tait on s’en va. On ne sait plus où regarder. Du coup plus besoin de vider son chariot sur le tapis de caisse avant de payer. En effet, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l’espoir à la crainte. Nos capacités demeurent intactes souligne Sarkozy. Il faut maintenant aller de l’avant. Auto flagellation, l’idée d’affaiblir les pouvoirs. Le communiqué est le dernier mot de la question.

Il y a quand même des limites. Un retraité s’indigne « Eliott est né aujourd’hui, 3,6kg et 49 cm ». Nous avons pensé à la boite à chaussures que l’on met au grenier et dans laquelle on conserve des souvenirs personnels et familiaux. Patrick Portman n’hésite pas à dire qu’il les considère comme des acteurs, des personnages, des fictions. Et pas seulement de la géopolitique. Le marché de l’art est quasi inexistant. Premier à dénoncer les fraudes massives, el débat va être lancé au plus haut niveau. Stigmates.

 

Promotion de l’expression


Pas de recyclage écologique pour les sans papiers ! Bonne nouvelles pour le commerce sexuel : Rio 2016 ! Baissez vos chauffages, le réchauffement climatique est arrivé ! Toujours plus de potins croustillants sur www.assemblée-nationale. Fr, LE site des députés dépravés. Solde de printemps : une français insatisfait, le second est offert ! Promotion de l’expression : une identité française inexistante à construire !

© ateliers proposés par : Pierre Ménard _ 23 octobre 2009





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