Poitiers, Faculté de Lettres / Séance n°2

Dans cet empilement qu’on opère, non un chant mais une basse continue.

L’idée de ces ateliers est de proposer parallèlement aux étudiants en Licence de lettres modernes et à ceux de Sciences-Po à Poitiers, une série de huit ateliers d’écriture sur la société, le monde qui nous entoure, dans une interrogation de la langue. Notre société nous impose la blessure et le manque ; notre monde y répond par la nécessité d’un dire qui ne se contente pas de témoigner : à la croisée des sens on y entend battre — dans tous les sens du terme (donner des coups pour la vie, frapper pour la mort) — un cœur.

Enjeux, prolongements : voir sur Marelle : Zone d’Activités Poétiques sur la société, le monde qui nous entoure, dans une interrogation de la langue ?.

 

 

Quelques phrases extraites du journal du matin, fragments de commentaires et d’analyses "à chaud" de notre quotidien. Dans cet empilement qu’on opère, les phrases prennent alors la tournure des dépêches d’agences de presse. A force, on entend presque le bruit de la machine, « non un chant mais une basse continue. »

Jean-Christophe Bailly, Basse continue, Seuil, 2000

Établir une liste d’aphorismes entre slogan politique et maxime poétique, à partir de collages de textes aux provenances variées, manchettes de journaux et annonces publicitaires détournés.

Hubert Lucot, Pour plus de liberté encore : slogans hyperlibéralistes, Voix éditions, 2000

 

Participants : Manon Boué, Lyse Cordaux, Charlotte Robert, Marina Kotlarevsky Maia...

 

Nouveau départ


Nouveau départ

Attaqués de toutes parts,

Interrogée sur ce sujet,

Je ne peux pas m’expliquer

De vive voix.

Eux n’ont pas été autorisés

A s’expliquer

A haute voix.

Depuis la guerre du mois dernier

La colère a explosé

On ne leur rend pas justice

En réduisant leur pensée

A cette mise en procès du sujet.

INJUSTICE

Une décision dans la journée

Un piège politicien

Un geste précis : l’expulsion du sujet

L’impression de n’être plus « rien ».

Une monstrueuse gravité des faits

Pas question de se laisser déposséder.

En réponse, la lutte. Être capable de lutter.

Combattre. Se battre. Abattre les inégalités. J’ai pu voir flotter une fumée noire…

 

Sous les verrous, la rage


« Avec eux, rien devient possible. »

« De battre les innocents s’est amplifié. »

« D’expulser les sans papiers a augmenté. »

« Quand nous en serons au temps de la crise. »

« Sous les verrous, la rage. »

« Il est libre Chirac, pourtant y’en a même qui disent qui l’ont vu voler. »

« Dans les décrets et les lois, ils écrivent ton nom, Répression. »

« Le capital, pour ceux qui ne valent rien. »

 

Le business est de retour


Le matin, on ne sait jamais comment va se dérouler la journée.

Alors que le business est de retour,

Un début de panique commence à s’emparer de l’Ukraine

Et le socialisme, ces dernières années, navigue à vue.

Il n’y a cependant pas péril en la demeure.

Taxe professionnelle : le gouvernement maintient le cap.

Lorsqu’on est pas d’accord, on fait un choix : soit on se tait, soit on s’en va.

Une victoire sans panache, par forfait.

Capacité à franchir les épreuves.

A la faveur des premières lueurs, on aperçoit le Mur,

Longue balafre qui déchire la ville en deux,

Il est blindé, il doute très peu.

On peut dire des choses difficiles sans tirer contre son camp.

Résultat au pris d’un match monstrueux, intense dans chacun de ses fragments,

C’est à cet endroit du monde que l’affrontement a été le plus évident.

L’histoire d’un long voyage vers la liberté,

L’histoire n’est pas un monstre froid.

Ce sont des hommes, des femmes, des souffrances, des émotions.

On classe en un clin d’œil des centaines de photos ou de films,

Comme on le ferait dans des albums patiemment confectionnés.

On croit toujours qu’il n’y a pas d’art ici. C’est faux.

On sent une forte envie de créer.

 

Allo maman bobo


Lavez-vous les mains, soyons plus brefs : ne touchez plus à rien.

Le travail c’est la santé : entre suicides et chômage.

Des bienfaits du travail je ne suis pas persuadée.

Stress, fatigue, cholestérol : prenez Danacol !

Prenez es vitamines, pour éviter la mauvaise mine.

Décathlon, à fond la forme.

Du sport pour rentrer dans la pseudo norme.

On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière !

Deux conseils : allez au vert et sortez couverts !

 

Eliott est né aujourd’hui...


Eliott est né aujourd’hui...

Comme sur un pêle-mêle ou dans une boite en carton mal rangée Qui ne doit pas être l’apanage des habitants des beaux quartiers Une longue balafre qui déchire la ville en deux Vers un monde plus libre Stigmates : deux hommes assassinés à Tel Aviv Source de confusion : inégalités géographiques, injustices monstrueuses Un représentant du peuple ça ferme sa gueule ou ça démissionne

…3,6 kg et 49 cm...

750 millions d’euros + 6% 67 morts, H1N1, 5 700, + 14% « le business est de retour ! » On navigue à vue Entre pataquès, décentralisation, convictions intangibles, hiérarchisation des réformes On ne peut pas tout faire en même temps Les stratégies collectives avalent jusqu’à plus soif les matières premières Béret baguette Rolex L’accélérateur de sortie de crise Un texte sur la taxe professionnelle pour Noël

…Ses parents nagent dans le bonheur

 

La liberté est un loup pour l’homme


La liberté est un loup pour l’homme

Pour votre budget cumulez une double activité professionnelle régulière

Avec Nicolas Sarkosy, dites adieux aux immigrés

La liberté est un loup pour l’homme

Toutes les femmes naissent viles et frivoles à la fois

Consommer plus pour s’endetter plus

Soyons preux, partons loin

 

Mentir favorise grandement le corps politique


Pour un dîner d’adieu des mythes

Chapeau de cowboy et regard doux

Un mage sans étoile avait cent ans

A voix basse, et son ton lancinant

Qui passe parfois pour de la nonchalance

Si Guantanamo n’est pas fermée, je serais déçu

Je suis déçu, l’argent va à la guerre, pas à l’éducation

C’est une déception

Le linguiste ne s’intéresse pas aux sons,

Mais aux relations

L’allure est un peu poussive

Une minorité est passive

C’est le « changement lent »

Les gens restent patients

S’il commence à la moitié, il va finir au quart

Il est difficile de bouger

Mais il est toujours sur le chemin pour y arriver

Je compatis totalement

A l’audace d’espérer

On peut choisir de partager

Je continue à croire en lui

On ne peut plus tout faire en même temps.

Il résume la sérénité

Une sorte de contemplation esthétique de la conscience par elle-même

On sent une forte envie de créer

Messages numériques, lettres manuscrites

Petits Post-it virtuels

Que de papier ! Ce qui représente la bagatelle de 2 597 085 feuillets de papier

On croit toujours qu’il n’y a pas d’art ici

On s’est demandé si on serait les prochains

Mais il est resté sur sa faim.

C’est faux

Je ne suis pas inquiet, je suis en bonne santé

J’essaie de faire abstraction de pas mal de choses et de rester le plus fort possible

Lorsqu’on n’est pas d’accord on fait un choix

Soit on se tait, soit on s’en va.

Qu’en est-il du sens de tout cela ? Le dernier mot est ici : « rien ». Car les mouvements éphémères de la vie finiront pas s’effacer, et il ne restera alors qu’un monde au visage désormais impassible à sa disparition pure et simple.

Reste un regret : « J’aurais voulu faire plus.

Nous sommes tellement seuls. »

 

Mentir favorise grandement le corps politique


La promesse du President Obama de fermer Guantanamo Bay en 2010 ne sera pas tenue.

La seule tenue fermée est orange, comme Télécom qui ferai mieux d’être plutôt rouge, la couleur de la prochaine saison.

« Less is more ». Maxime suivi au pied de la lettre par le personnel orange et télécommunicateur qui leur garanti un « fashion plus »

Fashion… la France est fashion, un pays si élégant et si accueillant ! Mais pas pour les Afghans… trop verts et démodés. Mini Sarko a pris la défense, mais pas la leur. Normal, lui, c’est un bleu.

Une nécessité s’impose alors : trouver un consensus entre les oranges, les verts et les Bleublancrouges.

Tous en blanc !

Let them home, sweet home.

Ou devrai-je dire :

House, White House.

 

Une rencontre exceptionnelle


Oui, et ce fut une rencontre exceptionnelle. Voilà quelqu’un avec qui je vais pouvoir boire jusqu’à une heure avancée de la nuit. Stigmates. Confrontés à des dangers communs pendant cet hiver d’épreuves, rappelons-nous ces paroles intemporelles : « Le marché de l’art est quasi inexistant ».

C’est une déception. Reste un regret, celui de ne pas avoir pu commencer la construction. Il y a toujours un aspect philosophique dans n’importe quelle recherche. Nous allons construire les routes, les ponts et les liaisons numériques dont notre secteur marchand a besoin. Entre l’Histoire avec un grand H et l’anecdote. Un mur à Berlin.

Sa voix basse et son ton lancinant passent parfois pour de la nonchalance. Il ne se livre jamais. « Le business est de retour » lance-t-il dans un anglais à très fort accent cantonais. J’aurais voulu faire plus, nous sommes tellement seuls. Il refuse l’auto flagellation. Mais tout le monde sait que le football se joue à onze contre onze, les supporters ne sont jamais descendus sur le terrain pour aider leur équipe. La communauté internationale pousse ardemment en ce sens. On ne peut pas raconter la fin sans raconter le début. Sa réélection controversée. Pin Han ne sait plus où donner de la tête. On verse des granules de mélamine et ressortent des bols et des assiettes. M.Obama a averti qu’il jugera sur les actes. Un technicien l’appelle pour une signature, un ouvrier lui présente les maquettes du design qui enveloppera les ordinateurs Hewlett Packard, des boîtes de poupées Barbie ou des pochettes plastifiées pour des voitures miniatures de collection. Je lance un appel à l’Amérique.

Ce sont des hommes, des femmes, des souffrances, des émotions. Il y eut ensuite la mobilisation et la guerre. Finalement, l’éditeur de presse en ligne devra « permettre à toute personne de signaler la présence de contenus illicites ». Stigmates. Il ne se livre jamais. Entre l’histoire avec un grand H et l’anecdote. Le voilà prêt à racheter certains actifs de banques nationalisées britanniques. Gratuit jusqu’à 1MO. Comme on le fait pour les photos. Que du papier !

Lorsqu’on est pas d’accord, on fait un choix ; Soit on se tait on s’en va. On ne sait plus où regarder. Du coup plus besoin de vider son chariot sur le tapis de caisse avant de payer. En effet, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l’espoir à la crainte. Nos capacités demeurent intactes souligne Sarkozy. Il faut maintenant aller de l’avant. Auto flagellation, l’idée d’affaiblir les pouvoirs. Le communiqué est le dernier mot de la question.

Il y a quand même des limites. Un retraité s’indigne « Eliott est né aujourd’hui, 3,6kg et 49 cm ». Nous avons pensé à la boite à chaussures que l’on met au grenier et dans laquelle on conserve des souvenirs personnels et familiaux. Patrick Potman n’hésite pas à dire qu’il les considère comme des acteurs, des personnages, des fictions. Et pas seulement de la géopolitique. Le marché de l’art est quasi inexistant. Premier à dénoncer les fraudes massives, el débat va être lancé au plus haut niveau. Stigmates.

 

Une rencontre exceptionnelle


Pas de recyclage écologique pour les sans papiers !

Bonne nouvelles pour le commerce sexuel : Rio 2016 !

Baissez vos chauffages, le réchauffement climatique est arrivé !

Toujours plus de potins croustillants sur www.assemblée-nationale.fr, le site des députés dépravés.

Solde de printemps : une français insatisfait, le second est offert !

Promotion de l’expression : une identité française inexistante à construire !

© ateliers proposés par : Pierre Ménard _ 7 novembre 2009





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